Poème
Oeil éloigné du Jour, qui te recrée
par Pontus de TYARD
Oeil éloigné du Jour, qui te recrée, Comme, en l'obscur d'une nuée épaisse Peux-tu tirer une si vive espèce D'un corps, non corps, qui vainement se crée ? Coeur martelé, quelle Éride est entrée Dedans ton fort ? quelle pâle crainte est-ce, Qui d'engendrer ta ruine te presse, Et d'allaiter la fère de Matrée ? Tourne avec moi, tourne avec moi, mon oeil : Le moindre rais de notre beau Soleil Chassera l'ombre, et le ténébreux songe. Courage, ô coeur, courage, où je te mène, Un ris serein, un autre fils d'Alcmène, Assommera la fère qui te ronge.
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Arbre diurne -------- Cet arbre aime surtout la lumière du jour, Il remercie le ciel à chaque aube nouvelle ; À ses yeux, semble-t-il, la lune est sans amour, Même s’il reconnaît qu’elle est aimable et belle. Il aime s’adresser aux arbres d’alentour Pour parler avec eux de sagesse immortelle ; Il dit des vérités, car il se les rappelle, Y compris la saga de l’éternel retour. Il feuilleta la Bible au temps de sa jeunesse Et fit de la forêt sa muse et sa maîtresse ; C’est ainsi qu’il apprit quel était son devoir. En hiver, quelquefois, quand le sol est de glace, En silence il revoit ses étranges savoirs, Se disant volontiers que tout ça le dépasse.
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