Poème
Odelette
par Petrus BOREL
Oh ! que n’ai-je vécu dans le beau moyen âge, Age heureux du poète, âge du troubadour ! Quand tout ployait sous l’esclavage, Lui seul n’avait que le servage De sa lyre et de son amour. Donc, sous son mantelet emportait sa richesse, Sa lyre qui vibrait pour l’hospitalité ; Et son estramaçon sans cesse Demi-tiré pour sa maîtresse, Brandissant pour sa liberté !
Commentaires (1)
Dans un monde envahi d'obscure transparence, Que peut-on discerner sous ces sombres éclats ? Ici n'est point le lieu d'une remise à plat, Ni d'un essai savant sur l'être et l'apparence. Or, certains jours, ma vie n'est qu'une déshérence, Mon métier me paraît un piètre apostolat, Et mes chefs ont un peu l'aspect de cancrelats (Si j'ose formuler pareille irrévérence). N'importe, il faut agir, les autorités veillent, Puis, il faut accueillir les projets qui s'éveillent Aux mains des ingénieurs surchargés de talent. Que ne suis-je un errant chanteur de villanelles, Ou bien, pour composer des oeuvres plus formelles, En une cour royale, un poète galant !
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