Poème
Obus couleur de lune - Du coton dans les oreilles
Ceux qui revenaient de la mort En attendaient une pareille Et tout ce qui venait du nord allait obscurcir le soleil Mais que voulez-vous c’est son sort Allô la truie C’est quand sonnera le réveil ALLÔ LA TRUIE La sentinelle au long regard La sentinelle au long regard Et la cagnat s’appelait LES CÉNOBITES TRANQUILLES La sentinelle au long regard la sentinelle au long regard Allô la truie Tant et tant de coquelicots La sentinelle au long regard la sentinelle au long regard Allô la truie Tant et tant de coquelicots D’où tant de sang a-t-il coulé Qu’est-ce qu’il se met dans le coco Bon sang de bois il s’est saoulé Et sans pinard et sans tacot Avec de l’eau Allô la truie Le silence des phonographes Mitrailleuses des cinémas Tout l’échelon là-bas piaffe Fleurs de feu des lueurs-frimas Puisque le canon avait soif Allô la truie Et les trajectoires cabrées Trébuchements des soleils-nains Sur tant de chansons déchirées Il a l’Étoile du Benin Mais du singe en boîte carrées Crois-tu qu’il y aura la guerre Allô la truie Ah! s’il vous plaît Ami l’Anglais Ah! qu’il est lait ton frère ton frère ton frère de lait Et je mangeais du pain de Gêne En respirant leurs gaz lacrymogènes Mets du coton dans tes oreilles D’siré Puis ce fut cette fleur sans nom À peine un souffle un souvenir Quand s’en allèrent les canons Au tour des roues heure à courir La baleine a d’autres fanons Éclatement qui nous fanons Mais mets du coton dans tes oreilles Évidemment les fanions Des signaleurs Allô la truie Ici la musique militaire joue Quelque chose Et chacun se souvient d’une joue Rose Parce que même les airs entraînants Ont quelque chose de déchirant quand on les entend à la guerre
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