Poème
Ô la splendeur de notre joie
par Émile VERHAEREN
Ô la splendeur de notre joie Tissée en or dans l'air de soie ! Voici la maison douce et son pignon léger, Et le jardin et le verger. Voici le banc, sous les pommiers D'où s'effeuille le printemps blanc, A pétales frôlants et lents. Voici des vols de lumineux ramiers Planant, ainsi que des présages, Dans le ciel clair du paysage Voici, pareils à des baisers tombés sur terre De la bouche du frêle azur, Deux bleus étangs simples et purs, Bordés naïvement de fleurs involontaires. Ô la splendeur de notre joie et de nous-mêmes, En ce jardin où nous vivons de nos emblèmes.
Commentaires (4)
Je voudrais peindre ma joie Sur un long rouleau de soie Exposé au vent léger Qui traverse mon verger. Tombent les fleurs des pommiers, Passent les nuages blancs ; Déambulent à pas lents Sur les branches, les ramiers. L'étrange odeur de la terre Et la clarté de l'azur Font un amalgame pur ; Cette joie involontaire Ferait vibrer mon pinceau Tout au long de ce rouleau.
Je voulais peindre ma joie. Hélas je n'avais pas de soie et le vent était froid bien que léger et nous étions loin de tout verger. Tombez les fleurs de mes pommiers, et volez haut, nuages blancs... Et vous, ne restez pas en plan sur les branches, doux ramiers. L'étrange odeur de la terre et la clarté de l'azur s'amalgament pure et sure ; Une joie involontaire ferait vibrer mon pinceau mais n'en ai. Ni de rouleau.
[...] rime rare a nargué ton pinceau. Même si tu ne peux la satisfaire, Petit rimeur, tu n’as pas à t’en faire, Tu peux [...]
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/15/jour-de-joie/
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