Poème
Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi
par Marc PAPILLON DE LASPHRISE
Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi, Et ne m'allègue plus ma sainte ardeur éprise, Disant que je m'en aille à Théophile exquise A qui j'offris mes voeux premièrement qu'à toi. Je me fâche vraiment de ce double renvoi Qui fraude les loyers de ma brave entreprise : Le grand Prince use ainsi d'une feinte remise Pour égarer l'effet de sa douteuse foi. Je crains que tu ne sois en cette humeur encline : Sans cesse l'on retient de sa prime origine, On a beau transplanter le rosier odorant, Le tailler, le lier pour adoucir ses roses, Toujours il pique un peu ; aussi fait ton coeur grand, Bien que ton sang illustre ait des métamorphoses.
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Nef précaire -------------- Je sais que l’Atlantique est indulgent pour moi, Car de ma nef précaire est chaque vague éprise ; Autre que lac paisible, autre que mer exquise, Camarade océan, je me remets à toi. Je sais que tu agis selon de justes lois, Des modestes pêcheurs tolérant l’entreprise : Quand tu es parcouru d’une charmante brise, Je n’hésite jamais à t’accorder ma foi. Si ton âme est parfois en autre humeur encline, Je laisse aller la nef, ma volonté s’incline, Je peux bien dériver tout au long des courants ; Nous savons que la mer a des métamorphoses, Que la voie du marin n’est pas jonchée de roses, Mais c’est ainsi qu’il vit, c’est ainsi qu’il est grand.
Le dernier vers de Nef précaire est-il dédié à Vialatte ? Le poème de Papillon est effectivement nommé dans la préface du Grand chosier.
Merci pour cette référence, je suis fan de Vialatte, en effet.
La tour s’incline --------------- Les murs ne se tiennent pas droits, Ils donnent au vent trop de prise ; Être à la merci de la brise, Ça déstabilise le toit. La charpente est de mauvais bois Qui peut se rompre, par surprise ; Avec lui notre espoir se brise, Cela nous met en désarroi. Par les vallons, par les collines Marche une armée picrocholine ; Les nôtres partent en courant. Cette tour à choir se dispose ; Innombrables en sont les causes, Croyez-moi, ce n’est pas marrant.
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