Poème
Notre mort
par Paul ÉLUARD
I On nous enseigne trop la patience, la prudence — et que pouvons mourir. Mourir, surpris par la plus furtive des lumières, la mort brusque. « Moi, dans la Belle au bois dormant ! » railles-tu, nous faisant rire. II Je connais tous les chants des oiseaux. Nous avons crié gaiement : « Nous allons à la guerre ! » aux gens qui le savaient bien. Et nous la connaissions ! Oh ! le bruit terrible que mène la guerre parmi le monde et autour de nous ! Oh ! le bruit terrible de la guerre ! Cet obus qui fait la roue, la mitrailleuse, comme une personne qui bégaie, et ce rat que tu assommes d’un coup de fusil !
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