Poème d’un membre
Nos vieux et la mort
par turiaMembre
Nos vieux, un par un, s’écarte du chemin de la vie Nos vieux, bifurquent et s’en vont au loin Nos vieux, bientôt se perdent en chemins Nos vieux, nous disent adieu avec ou sans parchemins Nos vieux, nous laissent avec nos souvenirs, nos joies et nos peines Nos vieux, usés par la vie, Le labeur harassant subit, Durant leurs vies d’esclaves Nous laissent impuissants et incrédules Chaque fois stupéfait par leurs absences soudaines Abattus, de les voir perdus prématurément. La mort passe et fait son marché Chaque hiver, emportant avec elle, Son quota des meilleurs des nôtres Laissant leurs frères, leurs sœurs en peines Délaissant leurs époux ou épouses Cette quête éternelle, ne lui suffit jamais Tant celle-ci à une faim d’ogresse Jamais rassasiée, jamais repue Et chaque fois nous prends, Ceux qui nous paraissent, Les plus robustes, Les plus endurcis, Les plus expérimentés Chaque fois elle fauche les vies, Ne répugnants aucunement à la tâche Rarement elle accorde un sursis, Illusoire, Mais aussitôt reprends son labeur, Sans sourcillées, sans plaintes Nos vieux, docile la suive, Inexorablement, leurs plaintes sont futiles, Leurs remèdes fragiles Leurs résistances inutiles Devant celle qui rétablit l’ordre ancestral Rien n’est sélectif Elle prend à gauche Elle prend à droite Elle prend aux pauvres hères que nous Sommes, Aussi bien qu’aux riches à l’opulence Dérisoire Tous sur cette terre doivent passées Devant elle Même dieu n’est pas de taille La mort est une machine infernale Rétablissant définitivement, D’une manière aveugle et phénoménale, La justice sociale Agro salvatore
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