Poème
Nevermore
par Jean MORÉAS
Le gaz pleure dans la brume, Le gaz pleure, tel un oeil. - Ah ! prenons, prenons le deuil De tout cela que nous eûmes. L'averse bat le bitume, Telle la lame l'écueil. - Et l'on lève le cercueil De tout cela que nous fûmes. Ô n'allons pas, pauvre soeur, Comme un enfant qui s'entête, Dans l'horreur de la tempête Rêver encor de douceur, De douceur et de guirlandes, - L'hiver fauche sur les landes.
Commentaires (2)
Le vallon s'emplit de brume, Il s'en emplit à vue d'oeil. On dirait qu'il prend le deuil Des rencontres que nous eûmes. La vie a goût de bitume, Tel le flot sur un écueil ; Elle a froid dans son cercueil, La grande âme que nous fûmes. Les morts n'ont point d'âme soeur ; Il leur faut penser sans tête (Ceux qui à vivre s'entêtent). Finie, pour eux, la douceur, Fini l'éclat des guirlandes Et l'odeur du pin des Landes.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/10/15/le-vallon/
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