Poème
Mot-Macumba
par Aimé CÉSAIRE
le mot est père des saints le mot est mère des saints avec le mot couresse on peut traverser un fleuve peuplé de caïmans il m’arrive de dessiner un mot sur le sol avec un mot frais on peut traverser le désert d’une journée il y a des mots bâton-de-nage pour écarter les squales il y a des mots iguanes il y a des mots subtils ce sont des mots phasmes il y a des mots d’ombre avec des réveils en colère d’étincelles il y a des mots Shango il m’arrive de nager de ruse sur le dos d’un mot dauphin
Commentaires (1)
Très beau poème sur les différentes lucarnes qu'ouvre cette matrice du langage poétique qu'est le Mot. Chaque mot est un diamant dont hacune des facettes refracte une couleur particulière. Le poète, qui est un maître de la parole, y trouve sa matière et sa manière.
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