Poème
11 - Mon pas, sur la route d'automne...
Mon pas, sur la route d'automne, Berce la chanson des adieux Au rythme monotone De la plaine grise et des cieux; Je me sens si fort et si leste Que je marche au son de mes pas, Entre le double geste Balancé de mes bras; Ma pensée monte, lente, Comme l'étoile du soir Et je ne sais si je chante La certitude ou l'espoir; Tant ma jeunesse fut ivre De ce grand rêve hasardeux Et du poème de vivre A sa guise, au soleil de Dieu, Et tant mon rêve est sage De cette folie éternelle, Et tant est belle la page Qui s'ouvre dans le ciel... 1899
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Adieux du corbeau ----------------------- Un corbeau, dans le ciel d'automne, Nous chante une chanson d'adieu ; Son cri n'est pas si monotone, Il est inspiré par les dieux. La mélodie en est fort lente, On dirait la cloche du soir ; Pour une fois qu'un corbeau chante, N'est-ce pas un signe d'espoir ? Voici qu'il adresse un message À notre univers éternel : Deux ou trois lignes sur la page Qui, pour lui, s'ouvre dans le ciel.
Beau temps pour les corbeaux ------------------------------------------ (Pays de Poésie, 14-11-14) Beau temps pour les corbeaux d’automne, La chaleur a fait ses adieux ; Ils lancent leur cri monotone En rayant de noir les grands cieux. Jeunes ou vieux, comme ils sont lestes ! Et combien dignes sont leurs pas, Combien mesurés sont leurs gestes Quand ils arpentent le sol gras ! Sages oiseaux qui peu se livrent ; On ne voit pas où sont leurs yeux, Pourtant, ils me regardent vivre Comme eux, à la grâce de Dieu.
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