Poème d’un membre
Hymne Lunaire
par JulienALBESSARDMembre
HYMNE LUNAIRE I Tu revêts mille formes Cent visages de lin Et tu berces les ormes D'un laitage serein O nourrice féconde Des silences obscurs Tu repeuples le monde De tes seins doux et purs Toi qui sembles la source De la féminité Je veux de la Grande Ourse Voir ton intimité Quand tu tires l'écume Et allège le dos Du rocher qui s'enrhume Sous de mousseux fardeaux Tu offres une trêve Aux sables alourdis Dont la surface crève En crabes dégourdis Toi qui de la mer pure Détends la nudité Je voudrais de Mercure Subir ta gravité Toi qui dans la nuit places Une auberge candeur Promise aux âmes lasses En quête de pudeur Et qui aux chairs meurtries Par trop de mouvement Proposes ses patries Dans l'infini dément Toi par les nuit houleuses Dont luit la charité Oppose aux nébuleuses Un repos mérité Antique orbe d'ivoire Viens ceindre mon sommeil D'un rayon dérisoire Emprunté au soleil Diadème nocturne Tu préserves mon front Des affres de Saturne Et d'un rêve moins rond Toi qui chasses le spectre De tes chastes clartés Je me confie d'Electre A tes cercles lactés Où s'obscurcit la marche Du noctambule hagard Tu veilles matriarche A lever son regard Tu répands ton collyre Tous les pleurs sont de miel Quand ton croissant sourire Ouvre sa ruche au ciel Toi qui sais le remède Au noir extravagant Je viens de Ganymède En extraire l'onguent II Toi qui toutes ces choses M'inspires à présent Pour que tu me reposes De mon cœur épuisant Fais donc bondir des trilles De ma bouche en haillons Et frémir mes papilles Par tes muets rayons Fais tinter la syllabe Qui attends son écho Du fond de l'astrolabe Où j'ai jeté mon mot Fais de ma voix timide Un rêveur instrument Qui se laisse torride Aller au dénuement Fais sur ma lèvre exsangue Mûrir un incarnat Que chaude soit ma langue Comme un velours grenat Fais résoudre l'énigme Par mon noueux larynx Qu'un nouveau paradigme Puisse apaiser mon sphinx Fais qu'un ange marmonne A mes sursauts de mort Ta romance Madone Quand le sommeil me mord... III Toi qui changes ton aire Et parfois disparais Sur le rouet stellaire Défilent tes secrets Toit qui mêle tes voiles Au mystique encrier Laisse-moi des étoiles En couvrir mon papier Toi dont mon sang flamboie Sous les toits argentés Fais que tes feux de soie Par mon art soient chantés