Poème d’un membre
"L'implorante"
par 111112Membre
"L'implorante" Camille Claudel Elle soutient ses membres - croupit de misère - trainée dans la terre qui a honte les regards se jouent d'elle parce qu'elle est la perdue la fantasque à genoux pourtant elle bouleverse le masque muré du monde L'empreinte de l'autre main dans la sienne - l'homme dérobé elle voudrait exister encore sous sa peau - elle a sa mémoire au ventre ramassé sa vie en boule cendres et neige mêlées Le geste tendu poursuit le désir ébauche la caresse et trouve le vide à la cassure de leur lien l'agénésie de l'abandon ses os en saillie elle s'éparpille de solitude servile Violence tacite recluse au profond - c'est le cri qui dévore qu'elle étrangle aux entrailles suppliciées de retourner sans cesse la glaise du néant de tordre la masse enchaînée mue en caillots de sang De son regard magnétique de ses mains graciles elle sculpte son amant lèvres mi-ouvertes à recevoir l'avènement - elle corrompt sa peau au désir d'être prise Et si nue devant lui - offrande refusée - et si loin de lui ses lèvres de mendiante.