Poème
Mélodie irlandaise
par Gérard de NERVAL
(Imitée de Thomas Moore) Le soleil du matin commençait sa carrière, Je vis près du rivage une barque légère Se bercer mollement sur les flots argentés. Je revins quand la nuit descendait sur la rive : La nacelle était là, mais l'onde fugitive Ne baignait plus ses flancs dans le sable arrêtés. Et voilà notre sort ! au matin de la vie Par des rêves d'espoir notre âme poursuivie Se balance un moment sur les flots du bonheur ; Mais, sitôt que le soir étend son voile sombre, L'onde qui nous portait se retire, et dans l'ombre Bientôt nous restons seuls en proie à la douleur. Au déclin de nos jours on dit que notre tête Doit trouver le repos sous un ciel sans tempête ; Mais qu'importe à mes voeux le calme de la nuit ! Rendez-moi le matin, la fraîcheur et les charmes ; Car je préfère encor ses brouillards et ses larmes Aux plus douces lueurs du soleil qui s'enfuit. Oh ! qui n'a désiré voir tout à coup renaître Cet instant dont le charme éveilla dans son être Et des sens inconnus et de nouveaux transports ! Où son âme, semblable à l'écorce embaumée, Qui disperse en brûlant sa vapeur parfumée, Dans les feux de l'amour exhala ses trésors !
Commentaires (1)
A mon avis, chaque période de la vie a ses délices. Il faut se réjouir de la jeunesse, mais apprécier aussi la vieillesse. Et oui, parfois le silence engendre la peur de ne pas vivre réellement – c’est alors qu’on préfère l’agitation, toutes sortes d’émotions, et on se dit advienne que pourra au lieu d’être tranquille comme un légume. Pourtant, le silence saint nous approche de Dieu et fait beaucoup de bien si on sait le goûter d’une manière correcte.
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