Poème
Médailles antiques - V
par Charles-Marie LECONTE DE LISLE
Le divin Berger des monts de Phrygie Goûte, les yeux clos, l'éternel sommeil ; Et de son beau corps, dans l'herbe rougie, Coule un sang vermeil. En boucles de lin, sur la pâle joue Qu'enviaient les fruits honneur des vergers, Tombent, du réseau pourpré qui les noue, Ses cheveux légers. Voici Kythèrè, l'Amante immortelle, Qui gémit et pleure auprès du Bouvier. Les Eros chasseurs tiennent devant elle Le noir Sanglier ; Lui, pour expier d'amères offenses, D'un autel qui fume attisant le feu, Consume et punit ses blanches défenses D'avoir fait un Dieu.
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Chevalier à la bannière d'azur ---------------------------------- Le beau chevalier vainquit par magie Cent dragons qu'il a tirés du sommeil ; Puis il a prié sur l'herbe rougie De leur sang vermeil. En recommandant son âme immortelle Au puissant Merlin, vieillard plein d'entrain, Il salue la reine et dit devant elle Deux ou trois quatrains. C'est un chevalier qui jamais n'offense Ange ni démon, ni diable ni dieu, On le voit toujours prenant la défense Des maîtres du lieu.
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