Poème
Matin d'octobre
par François COPPÉE
À Alexandre Piédagnel. C’est l’heure exquise et matinale Que rougit un soleil soudain. A travers la brume automnale Tombent les feuilles du jardin. Leur chute est lente. On peut les suivre Du regard en reconnaissant Le chêne à sa feuille de cuivre, L’érable à sa feuille de sang. Les dernières, les plus rouillées, Tombent des branches dépouillées ; Mais ce n’est pas l’hiver encor. Une blonde lumière arrose La nature, et, dans l’air tout rose, On croirait qu’il neige de l’or.
Commentaires (3)
Merveilleuse célébration... * Soudain, la chute d'une pomme Rappelle au regard de cet homme La loi de la gravitation.
Au temps pour les crosses ------------------------- La crosse verte est matinale, Car souvent je la vois soudain Bénir une aube virginale ; Puis elle médite au jardin. La crosse rouge est machinale, Tous ses propos sont anodins : Nulle parole originale, Et pas non plus de mots badins. La crosse d’azur, dépouillée De tout croyance rouillée, Sanctifie mon âme et mon corps. Souvent, ensemble elles reposent En rêvant de la crosse rose Partie avec la crosse d’or.
Sainte Crosse --------------- D’une prière matinale Surgit un éclat smaragdin ; Celui des vertus cardinales Éclairant le premier jardin. Lilith, à l’âme virginale, Prononce des mots anodins ; Ève se montre originale En ayant des propos badins. Réponse d’Adam, bredouillée, Puis, par un scribe gribouillée, De quoi faire rire les morts. En un très vieux livre repose De ces trois ancêtres la prose Bénie par une crosse d’or.
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