Poème
Marthe
par René CHAR
Marthe que ces vieux murs ne peuvent pas s'approprier, fontaine où se mire ma monarchie solitaire, comment pourrais-je jamais vous oublier puisque je n'ai pas à me souvenir de vous : vous êtes le présent qui s'accumule. Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir comme deux pavots font en amour une anémone géante. Je n'entrerai pas dans votre coeur pour limiter sa mémoire. je ne retiendrai pas votre bouche pour l'empêcher de s'ouvrir sur le bleu de l'air et la soif de partir. je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable.
Commentaires (3)
c'est très beau.
amour et liberté . Je ne connais pas de plus belle déclaration . Un des plus beaux poeme de Rene Char avec allègeance .
ça me rappelle Marthe, la sœur de Marie, qui se consacrait au repas du Christ. Beau travail de René Char.
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