Poème
Madrigal
Si c’est aimer, Madame, et de jour et de nuit Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire, Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire Qu’adorer et servir la beauté qui me nuit : Si c’est aimer de suivre un bonheur qui me fuit, De me perdre moi-même, et d’être solitaire, Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre, et me taire Pleurer, crier merci, et m’en voir éconduit : Si c’est aimer de vivre en vous plus qu’en moi-même, Cacher d’un front joyeux une langueur extrême, Sentir au fond de l’âme un combat inégal, Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite : Honteux, parlant à vous, de confesser mon mal ! Si cela c’est aimer, furieux, je vous aime : Je vous aime, et sais bien que mon mal est fatal : Le cœur le dit assez, mais la langue est muette.
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(Merci à Louis Aragon pour les rimes). ************************* Aimer n'est pas un tour de force Aimer n'est pas si dur qu'on croit Ce n'est pas un chemin de croix Ni une épreuve qui vous broie Ni un parcours vers le divorce Aimer c'est se livrer sans armes Aimer c'est choisir son destin C'est chanter dans le clair matin Même dans les temps incertains C'est chanter au travers des larmes Ne plus aimer c'est déchirure Et c'est son propre coeur blesser Et c'est maudire son passé Et sa propre âme détresser Moi j'en connais qui en moururent D'aimer il n'est jamais trop tard Battent deux coeurs à l'unisson Et tremblent du même frisson Et chantent la même chanson Jouant sur la même guitare
La beauté des mots. L'actualité de cette sorte d'aimer est réelle regardons au fonds de nos petits coeurs. Une chose est sure l'amour est beau.
Bonjour, Internet regorge de surprise, voilà un poème transformé qui ne respecte plus la métrique de l'auteur.... vers 5 et 9... 13 syllabes, qu'elle bizarrerie !
Un roi cardiophore ------------------- Il promène son coeur, cet utile support Sans lequel il n’aurait jamais ce qu’il désire ; Au fleuve de ses jours son corps est un navire Dont il aime tracer la route, loin des ports. Un peu de cargaison larguée par-dessus bord, Dont il ne se plaint pas, ça pourrait être pire ; Il peut toucher souvent les objets qui l’attirent, Il s’est accoutumé aux caprices du sort. La discipline à bord n’est certes pas rigide, Le roi sait ce qu’il fait, car le bon sens le guide ; Et de sa vie passée, il n’a pas à rougir. À quoi consacre-t-il ses jours, que rien ne gâche ? À des amusements, à de modestes tâches, À guetter ce qui passe, ou ce qui peut surgir.
Nef d’or ----- Ce frêle esquif n’est point un vaisseau de transport, Tu le gouverneras comme tu le désires ; Si tu l’abandonnais pour un autre navire, S’en irait l’équipage aux tavernes du port. Dans le grand vent d’hiver si tu tires des bords, Le ciel te donnera le meilleur et le pire ; Neptune est le gardien de ce liquide empire, Nous dit Haddock jurant par les mille sabords. Modeste est le vaisseau, mais sa coque est solide, L’ondin le reconnaît, la sirène le guide ; Le vent va s’affaiblir et la mer s’assagir. À la nuit, tu pourras dormir sous une bâche ; La sirène et l’ondin suffiront à la tâche, Ils sauront empêcher les monstres de surgir.
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