Poème
Ma chambre
par Marceline DESBORDES-VALMORE
Ma demeure est haute, Donnant sur les cieux ; La lune en est l'hôte, Pâle et sérieux : En bas que l'on sonne, Qu'importe aujourd'hui Ce n'est plus personne, Quand ce n'est plus lui ! Aux autres cachée, Je brode mes fleurs ; Sans être fâchée, Mon âme est en pleurs ; Le ciel bleu sans voiles , Je le vois d'ici ; Je vois les étoiles Mais l'orage aussi ! Vis-à-vis la mienne Une chaise attend : Elle fut la sienne, La nôtre un instant ; D'un ruban signée, Cette chaise est là, Toute résignée, Comme me voilà !
Commentaires (2)
J'aime ce poème très court, il visualise parfaitement le décor, les sentiments ,la mélancolie d'une jeune femme près de sa fenêtre à rêver de l'homme qu'elle a aimé.. Il est écrit très finement , j'adore....
Manoir de l’archiduc ----------------- Vers ce palais de pierre, ancestrale demeure, Sont tracés des sentiers que personne ne suit ; Tout autour, le grand parc, le potager, le puits Sont de spectres peuplés, et de rêves qui meurent. Ces lieux, qui ont connu des époques meilleures, Ont encore des fleurs, des feuilles et des fruits ; Personne n’a besoin, d’ailleurs, de ces produits, Personne en ce jardin ne voit passer les heures Un grand donjon se dresse ainsi qu’un noir beffroi, Les murs ont reflété de nobles destinées ; Mais à l’heure où j’écris, ils dorment dans le froid. Où est l’archiduchesse au parfum de jasmin ? L’archiduc la regrette à longueur de journée, Les derniers serviteurs s’en vont par les chemins.
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