Poème
Ma bohème
par Arthur RIMBAUD
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ; Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
Commentaires (8)
Pour moi un des plus beaux poèmes de Rimbaud !! il vous fait sourire et pleurer et il est d'une modernité incroyable !!! un poème "éternel " !!!
Pour pantoufles, j'avais des bottines crevées. Sur le démesuré, je dressais l'idéal; De froids péchés s'enflait mon plumage féal, Neutralité de teinte en les choses rêvées. Passant près d'une haie, j'entre en un large trou. J'avais bien combattu, j'avais fini ma course, J'avais saisi plusieurs diamants de la Grande Ourse, Nourri des faims de loup avec mon corps frou-frou, Pris des voies négligées par l'inspecteur des routes, Et brûlé mes deux yeux qui réclamaient des gouttes. Tout est permis à ceux qui s'en vont, par vigueur, Se perdre en un pays de flammes fantastiques. Qu'est-ce donc que mon âme ? Un fantôme élastique, L'hiver dans mon cerveau, le printemps dans mon coeur.
Sur la route des rats crevés, voilà où conduit l'idéal ! On s'est heurté à la réal- ité : c'est bon : assez rêvé. Cette route est pleine de trous, tout t'y ralentit dans ta course... Tu t'y traines tel un vieil ours t'hématomant d'un peu partout... C'est brumeux aussi sur sa route au Rimbaldien : il n'y voit goutte (ou du fantôme à la rigueur)... Lui qui trouvait si fantastique de vivre en un monde élastique, n'a plus le temps, n'a plus le coeur... :(
J'ai bien aimé parce que j'ai bien aimé
ce poème de rimbaud est superbe
Bien apprécié.poème riche par ses métaphores.
c'est bien mais il utilise les même mots a chaque poème: Ma bohème:"j'aillais sous le ciel muse, j’étais ton"féal"(vers 3) Cochofucuis:"de froid péchés s'enflais mon plumage "féal"(vers 3) Ma bohème:"Des rimes, mon auberge étais a la "grande ourse"(vers 7) Cochofucuis:"J'avis saisis plusieurs diamants de la "grande ourse"(vers 7) et j'en passe et des meilleur... on dit Arthure RIMBAUD un poète imaginatif et original... on dit Arthure RIMBAUD un poète pétri d'imagination et d'originalitré... si vous ne me croyer pas regarder par vous même.
Ermite sentencieux ------------ Mon rêve de grandeur, une bulle crevée, Je n’ai plus de désir, je n’ai plus d’idéal ; Je vais bientôt cesser d’être un scribe féal, Ma retraite sera de silence abreuvée. Peu m’importe à présent d’habiter dans un trou, C’est tout ce qui convient à ma modeste bourse ; Solitaire je suis, comme l’enfant d(une ourse Ou comme, sous la lune, un sombre loup-garou. Étais-je plus heureux quand je taillais la route ? Quand je bravais la pluie, passant entre les gouttes ? Je n’ai jamais été du côté des vainqueurs. Ici, que du banal et rien de fantastique. Un refuge discret, cellule monastique, Le vide en mon cerveau, le sourire en mon coeur.