Poème
Lydia
par Charles-Marie LECONTE DE LISLE
(Études latines, XVII) Lydia, sur tes roses joues, Et sur ton col frais et plus blanc Que le lait, coule étincelant L'or fluide que tu dénoues. Le jour qui luit est le meilleur Oublions l'éternelle tombe. Laisse tes baisers de colombe Chanter sur tes lèvres en fleur. Un lys caché répand sans cesse Une odeur divine en ton sein : Les délices, comme un essaim, Sortent de toi, jeune Déesse ! Je t'aime et meurs, ô mes amours ! Mon âme en baisers m'est ravie. Ô Lydia, rends-moi la vie, Que je puisse mourir toujours !
Commentaires (1)
Le barde embrasse sur la joue Une muse au visage blanc Et au sourire étincelant Qui bien des angoisses dénoue. Il a connu des jours meilleurs, Il se rapproche de la tombe ; L'amour d'une jeune colombe Est, au jardin, tardive fleur. Il a dédicacé sans cesse À cette amante aux jolis seins Des sonnets qui, comme un essaim, Volent auprès de sa déesse. Ètrange chose que l'amour, Qui au barde a raison ravie, Mais qui lui conserve la vie Pour qu'il puisse rimer toujours !
Connecte-toi pour laisser un commentaire.