Poème
Lydé
par Charles-Marie LECONTE DE LISLE
(Études latines, IV) Viens ! c'est le jour d'un Dieu. Puisons avec largesse Le Cécube clos au cellier. Fière Lydé, permets au plaisir familier D'amollir un peu ta sagesse. L'heure fuit, l'horizon rougit sous le soleil, Hâte-toi. L'amphore remplie Sous Bibulus consul, repose ensevelie: Trouble son antique sommeil. Je chanterai les flots amers, la verte tresse Des Néréides ; toi, Lydé, Sur ta lyre enlacée à ton bras accoudé Chante Diane chasseresse. Puis nous dirons Vénus et son char attelé De cygnes qu'un lien d'or guide, Les Cyclades, Paphos, et tes rives, ô Gnide ! Puis un hymne au ciel étoilé.
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Libation vespérale --------------------- La tavernière apporte avec largesse Quelques bouteilles du cellier ; Nous sommes là, cercle de familiers, Nous entretenant de sagesse. En cet endroit n'entre point le soleil, Vieille auberge d'ombre remplie : Toute inquiétude y est ensevelie Tout tracas y est en sommeil. Ainsi, servis par une enchanteresse, Après de grands verres vidés, Les vieux buveurs, noblement accoudés, Vont partageant leur allégresse. Dans l'univers, se sont amoncelés Tant de conflits (parfois stupides) ; Alors qu'ici, l'on voit, dans l'air limpide, La bonne humeur étinceler !
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/05/28/libation-vesperale/
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