Poème
L'Orage
par Émile VERHAEREN
Parmi les pommes d'or que frôle un vent léger Tu m'apparais là-haut, glissant de branche en branche, Lorsque soudain l'orage accourt en avalanche Et lacère le front ramu du vieux verger. Tu fuis craintive et preste et descends de l'échelle Et t'abrites sous l'appentis dont le mur clair Devient livide et blanc aux lueurs de l'éclair Et dont sonne le toit sous la pluie et la grêle. Mais voici tout le ciel redevenu vermeil. Alors, dans l'herbe en fleur qui de nouveau t'accueille, Tu t'avances et tends, pour qu'il rie au soleil, Le fruit mouillé que tu cueillis, parmi les feuilles.
Commentaires (2)
Un jour qu'il boit au bar un petit vin léger Tout en lisant, tranquille, un livre qui le branche, Le maître voit sur lui tomber une avalanche De souvenirs, tels les moineaux dans un verger. Des couleuvres au bar se font la courte échelle, Un inquiétant nuage obscurcit le ciel clair. Le petit livre ouvert reflète les éclairs, Les tables du troquet résonnent sous la grêle. Le pinard fait toujours son sourire vermeil, Un vieux buveur survient et le maître l'accueille. Les couleuvres ont fui le retour du soleil Et se cachent au loin, sous les grands tas de feuilles.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/03/11/breuvage
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