Poème
L'Oiseleur
L’oiseleur Amour se promène Lorsque les coteaux sont fleuris, Fouillant les buissons et la plaine ; Et chaque soir sa cage est pleine Des petits oiseaux qu’il a pris. Aussitôt que la nuit s’efface Il vient, tend avec soin son fil, Jette la glu de place en place, Puis sème, pour cacher la trace, Quelques brins d’avoine ou de mil. Il s’embusque au coin d’une haie, Se couche aux berges des ruisseaux, Glisse en rampant sous la futaie, De crainte que son pied n’effraie Les rapides petits oiseaux. Sous le muguet et la pervenche L’enfant rusé cache ses rets, Ou bien sous l’aubépine blanche Où tombent, comme une avalanche, Linots, pinsons, chardonnerets. Parfois d’une souple baguette D’osier vert ou de romarin Il fait un piège, et puis il guette Les petits oiseaux en goguette Qui viennent becqueter son grain. Étourdi, joyeux et rapide, Bientôt approche un oiselet : Il regarde d’un air candide, S’enhardit, goûte au grain perfide, Et se prend la patte au filet. Et l’oiseleur Amour l’emmène Loin des coteaux frais et fleuris, Loin des buissons et de la plaine, Et chaque soir sa cage est pleine Des petits oiseaux qu’il a pris.
Commentaires (1)
Oiseleur novice ------------------ D’entendre un chant, ça le met en extase Et ça le fixe en n’importe quel lieu ; Il apprécie tous les oiseaux des cieux Qui du Divin semblent des hypostases. Il aime voir un merle du Caucase, Il croit trouver des songes dans ses yeux ; Les passereaux, ce sont pour lui des dieux, Il est ravi de leurs petites phrases. Il les observe, et c’est à bon escient ; Un oiseleur se doit d’être patient. D’un prédateur, il n’a pourtant pas l’âme, Tous ces chanteurs par lui sont invités À l’honorer de leur complicité : L’homme et l’oiseau partageant une flamme.
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