Poème
Les Yeux bleus de la Montagne
On trouve dans les monts des lacs de quelques toises, Purs comme des cristaux, bleus comme des turquoises, Joyaux tombés du doigt de l'ange Ithuriel, Où le chamois craintif, lorsqu'il vient pour y boire, S'imagine, trompé par l'optique illusoire, Laper l'azur du ciel. Ces limpides bassins, quand le jour s'y reflète, Ont comme la prunelle une humide paillette ; Et ce sont les yeux bleus, au regard calme et doux, Par lesquels la montagne en extase contemple, Forgeant quelque soleil dans le fond de son temple, Dieu, l'ouvrier jaloux !
Commentaires (1)
Pyramide en argent ------------------------ Vaste tombeau d'argent, haut de trois mille toises, Qui se va détachant sur les cieux de turquoise, De l'aigle tu contiens le corps sacrificiel Venu s'y reposer, encore en pleine gloire, Ayant fait ses adieux à ce monde illusoire, Et ton plafond voûté lui tiendra lieu de ciel. Nul songe n'y survient, nul oeil ne s'y reflète, L'oiseau de sable dort dans une paix parfaite ; Tendre est l'obscurité, le silence fort doux, Qu'orne un subtil refrain, qui vient on ne sait d'où.
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