Poème
Les oiseaux déguisés
par Louis ARAGON
Tous ceux qui parlent des merveilles Leurs fables cachent des sanglots Et les couleurs de leur oreille Toujours à des plaintes pareilles Donnent leurs larmes pour de l'eau Le peintre assis devant sa toile A-t-il jamais peint ce qu'il voit Ce qu'il voit son histoire voile Et ses ténèbres sont étoiles Comme chanter change la voix Ses secrets partout qu'il expose Ce sont des oiseaux déguisés Son regard embellit les choses Et les gens prennent pour des roses La douleur dont il est brisé Ma vie au loin mon étrangère Ce que je fus je l'ai quitté Et les teintes d'aimer changèrent Comme roussit dans les fougères Le songe d'une nuit d'été Automne automne long automne Comme le cri du vitrier De rue en rue et je chantonne Un air dont lentement s'étonne Celui qui ne sait plus prier
Commentaires (2)
C’est de ressentir des merveilles Qui fit notre commun sanglot Le téléphone à mon oreille Portait ta voix jamais pareille Toujours fraîche comme de l’eau Et nos échanges sur la toile Tels que rarement on en voit Poésie déployant sa voile Neurones changés en étoiles En te lisant j’étais sans voix Quelques secrets ici j’expose Je ne sais pas me déguiser Je dis comment je sens les choses Si mes amours ne sont pas roses Mon coeur dans la joie fut brisé Ma muse jamais étrangère Puisqu’il a fallu se quitter Qu’en cendre nos feux se changèrent Je marcherai par les fougères Rêvant de toi jusqu’à l’été Rêvant de toi jusqu’à l’automne Sans demander au vitrier De changer ce coeur qui chantonne Douleur dont la douceur m’étonne Comme en allant jadis prier
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/10/01/cest-de-ressentir-des-merveilles/
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