Poème
Les Nègres
par Francis JAMMES
À M. Amaury de Cazanove Quand le vieux Madécasse aux doigts noueux mourra, Les gens de l’Île, ceux de la Grève et des Mornes, Ses anciens amis, les noires maigres et mornes, Feront sa fosse, et la mer au loin chantera. Coiffé d’un vieux gibus, nu-jambes, un priera. Les autres souffleront de vieux airs dans des cornes, — Puis, au long des sentiers où s’enlacent des viornes, Un coup de vieux fusil à pierre pétera. Ils pleureront l’ami brave aux cheveux de laine, Lorsqu’accroupis auprès de la mer haute et pleine Ils prendront le repos, vêtus en vieux pompiers, Et que, fumant leur pipe en bois, courbant l’échine, Hébétés, regardant sur les quais des machines, Avec leurs doigts de mains ils cureront leurs pieds.
Commentaires (2)
j'aime beaucoup relire , des poèmes que j'ai étudié en primaire, mais à notre époque , vu la polémique , voudront-ils "Les nègres" , c'est la raison pour laquelle , je ne mets pas ce poème sur mon mur, dans le texte il dit pourtant "les noirs" merci
bizarre...je viens de trouver chez moi des épreuves de poèmes corrigès de la main de F.JAMMES...A la place de "doigts des mains" il avait écrit "ongles noirs"..
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