Poème
Les montreurs
par Charles-Marie LECONTE DE LISLE
Tel qu'un morne animal, meurtri, plein de poussière, La chaîne au cou, hurlant au chaud soleil d'été, Promène qui voudra son cœur ensanglanté Sur ton pavé cynique, ô plèbe carnassière ! Pour mettre un feu stérile en ton oeil hébété, Pour mendier ton rire ou ta pitié grossière, Déchire qui voudra la robe de lumière De la pudeur divine et de la volupté. Dans mon orgueil muet, dans ma tombe sans gloire, Dussé-je m'engloutir pour l'éternité noire, Je ne te vendrai pas mon ivresse ou mon mal, Je ne livrerai pas ma vie à tes huées, Je ne danserai pas sur ton tréteau banal Avec tes histrions et tes prostituées.
Commentaires (1)
Drôle d’oiseau -------------------- Drôle d’oiseau, ce Piaf-Tonnerre ! Il se laisse vivre en été, Car c’est un temps de volupté ; Son âme n’est point sanguinaire. À bord d’un château légendaire, Dans les airs on le voit flotter ; Pourtant, ce manoir enchanté Ne tarde point à toucher terre. Jamais il n’a souci de gloire, Il marche le long de la Loire Et trouve ça plutôt pas mal. Plus de château, mais une hutte En un pâturage banal : Une vie simple, sans disputes.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.