Poème
Les mois - Avril
par François COPPÉE
Lorsqu’un homme n’a pas d’amour, Rien du printemps ne l’intéresse ; Il voit même sans allégresse, Hirondelles, votre retour ; Et, devant vos troupes légères Qui traversent le ciel du soir, Il songe que d’aucun espoir Vous n’êtes pour lui messagères. Chez moi ce spleen a trop duré, Et quand je voyais dans les nues Les hirondelles revenues, Chaque printemps, j’ai bien pleuré. Mais depuis que toute ma vie A subi ton charme subtil, Mignonne, aux promesses d’Avril Je m’abandonne et me confie. Depuis qu’un regard bien-aimé A fait refleurir tout mon être, Je vous attends à ma fenêtre, Chères voyageuses de Mai. Venez, venez vite, hirondelles, Repeupler l’azur calme et doux, Car mon désir qui va vers vous S’accuse de n’avoir pas d’ailes.
Commentaires (1)
Un poète aimant le printemps En admire les paysages ; Il admire aussi les visages Des demoiselles de vingt ans. Il entend leurs phrases légères Qui s'échangent dans le métro ; Il songe que c'est presque trop D'honneur, de telles messagères Plus fines que des hirondelles, Tenant d'insignifiants propos Face aux voyageurs en troupeau Qui sont leurs auditeurs fidèles.
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