Poème
Les Jardins
Les jardins de l’enfance aux roses oubliées Ressuscitent parfois dans un vieux livre où dort Les ailes repliées D’un grand papillon mort ! On songe avec tristesse aux aubes en allées Où le papillon mort, grisé par les chaleurs, Ouvrait dans les allées Son éventail en fleurs. On songe qu’en ces jours de floraison première La Jeunesse, elle aussi, posait par les chemins Ses ailes de poussière Sur les pâles jasmins Et soudain on revit le prime temps des roses, Le temps où l’on goûtait, dans le jardin rouvert, La nouveauté des choses Et l’imprévu du vert. L’heureux temps d’enfantine et crédule démence Où l’on croit, au printemps, quand les arbres sont blancs, Que l’hiver recommence Dans les rameaux tremblants ; Où la légende en fleur des semaines pascales Cache dans les jardins des œufs mauves et bleus Parmi les feuilles pâles Et les gazons frileux, Des œufs d’or qu’on croirait jetés là par les anges Qui les auraient soustraits aux nids frêles bâtis Par des vols de mésanges Aux toits du Paradis Oh ! Les jardins emplis de soleil et d’enfance Quand les cloches de Rome, un matin clair d’avril, S’évadent du silence Et rentrent de l’exil !
Commentaires (3)
« Résurrection », disait ce matin le soleil ; La lune l'avait dit à nos âmes dormantes. Et pour nous confirmer cette chose étonnante, Tous les astres du ciel ont quitté leur sommeil. Mercure a fulguré d'un éclat sans pareil, Antarès a rougi de sa flamme géante ; Vénus a chuchoté de sa voix innocente Et Jupiter souri de son oeil de vermeil. Tout dit « résurrection », la danse des comètes, Celle d'un satellite autour d'une planète, Et au profond des cieux, le trou noir qui mugit. Le seul qui n'a rien dit est mon oncle Saturne, Plus que les autres jours, je le sens taciturne ; Il sait bien que nul bois de cendres ne surgit.
Les jardins de l’enfance aux roses oubliées Ressuscitent parfois dans un vieux livre où dort Les ailes repliées D’un grand papillon mort ! Pour moi il y a un problème avec ce quatrain car : dort avec un sujet pluriel ce n'est pas possible. Ce devrait être : où dort, / Les ailes repliées,/ Un papillon mort !
Je pense que c'est plutôt Les ailes repliées,/ Un grand papillon mort ; en effet. Voir https://www.google.com/search?q=%22o%C3%B9+dort%22+%22ailes+repli%C3%A9es%22+%22grand+papillon%22 qui renvoie tantôt « d'un » et tantôt « un ».
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