Poème
Les femmes et la mer
par Armand SILVESTRE
Depuis qu’Aphrodite la blonde Jaillit des bras du flot amer, Mieux qu’à nous, fidèles à l’onde, Les femmes ont aimé la mer. Et la Mer a gardé pour elles Le tendre regard d’un amant ; Elle vient baiser leurs pieds frêles Avec un doux gémissement. L’écume de ses flots plus calmes Que l’orage ne gonfle pas Vient poser l’argent de ses palmes Sur le doux chemin de leurs pas. L’âme de la mer est pareille Aux lyres qu’effleure le vent, Elle murmure à leur oreille Un chant douloureux et vivant. Souvent, j’ai voulu, dans un rêve, Assis au bord du flot moqueur, Mêler aux chansons de la grève La triste chanson de mon coeur, Quand je voyais, énamourées Par les acres senteurs de l’air, Passer sur les plages dorées Les belles filles au teint clair.
Commentaires (1)
Ondin fantôme --------------- Froides sont les eaux d’inframonde, Leurs habitants sont déprimés ; Jamais on ne voit s’animer Le fond de cette mer profonde. La zone est, de plus, inféconde, Pas d’algues en ce coin paumé ; Seuls quelques crabes innommés Bougent leur carapace ronde. L’ondin ne fait que méditer Sur presque rien, sans s’exciter ; Le temps s’écoule et rien ne change. Peu de monde en ce lieu perdu ; Quelques démons, bien entendu, Dont un qui se prend pour un ange.
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