Poème
Les corbeaux battent la campagne
par Paul ÉLUARD
Les corbeaux battent la campagne La nuit s’éteint Pour une tête qui s’éveille Les cheveux blancs le dernier rêve Les mains se font jour de leur sang Une étoile nommée azur Et dont la forme est terrestre Folle des cris à pleine gorge Folle des rêves Folle aux chapeaux de sœur cyclone Enfance brève folle aux grands vents Comment ferais-tu la belle la coquette Ne rira plus L’ignorance l’indifférence Ne révèlent pas leur secret Tu ne sais pas saluer à temps Ni te comparer aux merveilles Tu ne m’écoutes pas Mais ta bouche partage l’amour Et c’est par ta bouche Et c’est derrière la buée de nos baisers Que nous sommes ensemble.
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Monstre d'azur ----------------- Monstre d'azur dans la campagne Où le froid jour s'éteint, Tu sens l'angoisse qui te gagne Sous le ciel incertain. Est-ce une mouette, est-ce une étoile, Ce furtif reflet blanc ? Tu sens ton regard qui se voile, L'univers est troublant. Un habitant de l'inframonde A perdu son chausson ; De sinople à la boucle ronde, Il gît là, sans raison. Monstre d'azur, fais de beaux rêves, Roulé au coin du feu : La nuit est le temps de la trêve Pour les coeurs malheureux.
Tétramorphe ---- Je ne sais d’où lui vient la forme qu’il a prise, Ce tétramorphe vert, un antique veilleur ; Serait-ce par bonheur ? Serait-ce par malheur? Sur de telles questions je n’ai nulle expertise. Ce pourrait être aussi l’effet d’une méprise, Un habit de hasard, faute d’un sort meilleur ; Il est orné, pourtant, de bien vives couleurs, De nuances aussi, qui l’arc-en-ciel courtisent. Lui qui sut autrefois le déluge braver, Les prophètes divins n’ont pu que l’approuver, Que n’atteignit alors jamais nulle épouvante. D’aucun de ses rameaux ne tirant vanité, Il est le Quadriforme, une chose vivante Qui peut dire à chacun ses quatre vérités.
Voir aussi http://www.lesmotsenfolie.net/t6809-le-corbeau#41524 (...) s'élève, ô surprise Dans le vent léger, l'oiseau du malheur Un très vieux corbeau qui en beau parleur Reprend la chanson (...)
Veilleur-dragon ------------- Quand la nuit sur la ville établit son emprise, Je vois déambuler ce courageux veilleur ; Il regarde partir les derniers balayeurs, Il transporte un fanal qui tremble dans la brise. C’est un dragon vaillant, à la sage expertise, Qui de tous ses pareils est de loin le meilleur ; Il est incorruptible, il n’est pas batailleur Et pas non plus de ceux qui la gloire courtisent. Au long de la nuit sombre, il parcourt le pavé, Lequel est maintes fois par l’averse lavé ; Le bon dragon poursuit cette ronde éprouvante. En ville comme ailleurs, le monde est vanité, Mais pour notre veilleur cette ville est vivante, C’est un lieu de justice, un lieu de vérité.
Corbeau d’argent -------------------- Moi qui suis porteur de messages, Je ne m’envole pas en vain ; Je m’annonce, on m’offre du vin, Les gens attendent mon passage. J’appris à lire avec un mage, J’ai quelques sonnets de sa main ; Je range ces beaux parchemins Avec ma collection d’images. Je ne suis pas vêtu en deuil, Mon plumage est plaisant à l’oeil ; Point ne suis porteur de ténèbres. J’habite en un lieu consacré ; Je plaisante avec le curé, Même quand la messe il célèbre.
ils nous prennent pour des quiches!!! je crois qu'il est temps de changer de crémier!!! c'est urgent!!!