Poème
Les aveugles
Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux ! Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ; Terribles, singuliers comme les somnambules, Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux. Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie, Comme s'ils regardaient au loin, restent levés Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés Pencher rêveusement leur tête appesantie. Ils traversent ainsi le noir illimité, Ce frère du silence éternel. Ô cité ! Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles, Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité, Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété, Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?
Commentaires (2)
Seigneur de Rigel ------------------- Le Seigneur de Rigel, ce n’est pas un affreux . Il fait de bonnes lois, pesant chaque virgule, Il n’est pas boulimique, il n’est pas somnambule, Aussi nous admirons ce maître ténébreux. Il avait une armée de soldats minuscules Qui, malheureusement, se massacraient entre eux ; Ils sont allés dormir dans l’inframonde ombreux, Et je ne trouve pas cela si ridicule. Ils parcourent ainsi le noir illimité, En ce vaste sous-sol, ayant droit de cité, Sans être tourmentés par les démons qui beuglent ; Ils n’auront à subir aucune atrocité, Disant avoir trouvé l’ultime liberté, Trouvant l’obscurité plaisante : ils sont aveugles.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2018/06/30/seigneur-de-rigel/
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