Poème
Les amours terrestres
par René-François SULLY PRUDHOMME
Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu. Née au siècle où je vis et passant où je passe, Dans le double infini du temps et de l'espace Tu ne me cherchais point, tu ne m'as point élu ; Moi, pour te joindre ici le jour qu'il a fallu, Dans le monde éternel je n'avais point ta trace, J'ignorais ta naissance et le lieu de ta race : Le sort a donc tout fait, nous n'avons rien voulu. Les terrestres amours ne sont qu'une aventure : Ton époux à venir et ma femme future Soupirent vainement, et nous pleurons loin d'eux : C'est lui que tu pressens en moi, qui lui ressemble, Ce qui m'attire en toi, c'est elle, et tous les deux Nous croyons nous aimer en les cherchant ensemble.
Commentaires (2)
Par les yeux qui se sont plu, Par ce bel instant qui passe, Par l'infini de l'espace, Tu m'as élu. Par le temps qu'il a fallu, Par les Cupidons sans trace, Par la Vénus tendre et lasse, Tu m'as voulu. Par l'amour et l'aventure Et par notre vie future, Nos coeurs sont pris. Par nos mains qui se ressemblent, Par les nuits qui nous assemblent, Soyons épris.
Voir aussi https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/11/01/par-nos-yeux/
Connecte-toi pour laisser un commentaire.