Poème
L'Éléphant qui n'a qu'une patte
par Robert DESNOS
L’éléphant qui n’a qu’une patte A dit à Ponce Pilate Vous êtes bien heureux d’avoir deux mains, Ça doit vous consoler d’être Consul romain. Tandis que moi sans canne et sans jambe en bois Je suis comme un héron et jamais je ne cours et jamais je ne bois Et je ne parle pas des soins qu’il me faut prendre Pour monter l’escalier qui conduit à ma chambre. J’aimerais tant laver mes mains avec un savon rose Avec du Palmolive avec du Cadum Car il faut être propre et ne puis me laver Et j’ai l'air ridicule debout sur le pavé. Je n’ai pour consoler cette tristesse affreuse Que ma trompe pareille aux tuyaux d’incendie Et si je mets le pied dans le plat Il y reste et l’on ne peut le manger à la sauce poulette. Plaignez, Ponce Pilate, plaignez cette misère Il n’y en a pas de plus grande sur terre Vous êtes bien heureux de laver vos deux mains Ça doit vous consoler d’être Consul romain.
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Éléphant de sable ------------------ C'est l'éléphant de sable, il parle à Cléopâtre Dans le couloir orné de sculptures d'albâtre ; -- Reine, si vous vouliez, je m'en irais demain Avec mille guerriers, combattre les Romains. Car leur vieux général n'a qu'une tête en bois ; Il hésite, à la guerre, il tremble quand il boit, Et quand il sent venir le vent froid de novembre, Il reste tout le jour enfermé dans sa chambre. -- Éléphant, ceux de Rome ont assez de misère ; Un druide les combat sur une de leurs terres, Viens donc te promener, marchons main dans la main, La vie est printanière, au diable les Romains !
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/06/04/elephant-de-sable/
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