Poème
Le vent nocturne
Oh! les cimes des pins grincent en se heurtant Et l'on entend aussi se lamenter l'autan Et du fleuve prochain à grand'voix triomphales Les elfes rire au vent ou corner aux rafales Attys Attys Attys charmant et débraillé C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont raillé Parce qu'un de tes pins s'abat au vent gothique La forêt fuit au loin comme une armée antique Dont les lances ô pins s'agitent au tournant Les villages éteints méditent maintenant Comme les vierges les vieillards et les poètes Et ne s'éveilleront au pas de nul venant Ni quand sur leurs pigeons fondront les gypaètes
Commentaires (2)
Apollinaire a vu des monstres se heurtant, Et dans sa poésie, je crois qu'on les entend ; On y perçoit aussi de ces voix triomphales Qui traversent la nuit ainsi que des rafales. Son vers, décontracté, n'est jamais débraillé. Tragique sans pleurer, comique sans railler, Il ne sacrifie point à la lourdeur gothique Ni à la symétrie des paroles antiques. Un mot d'esprit, parfois, nous rencontre au tournant. Je me tais, je m'en vais le lire maintenant ; Plonger dans l'univers de ce fameux poète, En savourer le sens, surtout, en parvenant À le prendre en ma serre, ainsi qu'un gypaète.
Apollon a paru Les neuf muses alentour La lire de Pindare Guillaume et ses mots rares Dussent-ils être wallons As veyou l'toré? Esteu ti bé? Awé!
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