Poème
Le tombeau de Charles Baudelaire
Le temple enseveli divulgue par la bouche Sépulcrale d'égout bavant boue et rubis Abominablement quelque idole Anubis Tout le museau flambé comme un aboi farouche Ou que le gaz récent torde la mèche louche Essuyeuse on le sait des opprobres subis Il allume hagard un immortel pubis Dont le vol selon le réverbère découche Quel feuillage séché dans les cités sans soir Votif pourra bénir comme elle se rasseoir Contre le marbre vainement de Baudelaire Au voile qui la ceint absente avec frissons Celle son Ombre même un poison tutélaire Toujours à respirer si nous en périssons.
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Cérémonie presque barbare -------------------------------------- Le spectre fait sonner la trompe qu’il embouche. Il parle, revêtu de ses sombres habits, Et dans la catacombe où son timbre vrombit, Tremble une stalactite à la lueur farouche. Il lance sa parole obscure, à pleines louches, Sans jamais ralentir son abondant débit ; Le public prend courage, et, patient, la subit, Et ce spectre bavard en remet une couche. On ne sait si, dehors, c’est l’aurore ou le soir ; Seuls des privilégiés ont eu de quoi s’asseoir. Qui inspire le spectre ? Est-ce bien Baudelaire ? Ah ! Plus d’un auditeur se dit, dans un frisson, Qu’on est vraiment maudit si les mots tutélaires D’un éloge funèbre ont un goût de glaçons.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/05/14/ceremonie-presque-barbare/
Saint Bavard -------- Je parle de ce qui me touche, Je m’exprime Urbi et Orbi ; Je neveux pas être un zombi Gardant un silence farouche. Se taire, je trouve ça louche, Mais moi, j’arrose à plein débit ; Je n’ai pas besoin d’alibi, Pour en rajouter une couche. Ainsi du matin jusqu’au soir, Comme une vendange au pressoir Ou comme une source d’eau claire. D’aucuns voudraient couper le son ; Bien peu me chaut de leur déplaire, Ils n’ont qu’à rester ce qu’ils sont.
Tombeau sur un beau ton ! ah ce Mallarmé mâle armé bien !
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