Poème
Le Sourd et l'aveugle
par Paul ÉLUARD
Gagnerons-nous la mer avec des cloches Dans nos poches, avec le bruit de la mer Dans la mer, ou bien serons-nous les porteurs D’une eau plus pure et silencieuse ? L’eau se frottant les mains aiguise des couteaux. Les guerriers ont trouvé leurs armes dans les flots Et le bruit de leurs coups est semblable à celui Des rochers défonçant dans la nuit les bateaux. C’est la tempête et le tonnerre. Pourquoi pas le silence Du déluge, car nous avons en nous tout l’espace rêvé Pour le plus grand silence et nous respirerons Comme le vent des mers terribles, comme le vent Qui rampe lentement sur tous les horizons.
Commentaires (2)
J'aime mon vieux beffroi et le son de ses cloches Qui au village sont premières à chanter ; L'église vient après, que l'on entend tinter Alors que l'eau du ciel délave les toits proches. Le boucher de la place a sorti ses couteaux Pour tailler tout le jour la viande en belles tranches, Le boulanger ouvre un sac de farine blanche, L'écluse du canal réceptionne un bateau. Tout le jour, la pluie tombe et berce le silence Des villageois qui ont espéré le printemps ; Quelques-uns sont assis au café, méditant Sur des vers d'Eluard, chargés d'ambivalence.
C'est bof
Connecte-toi pour laisser un commentaire.