Poème
Le Roy
par Paul SCARRON
Le plus aymable Roy de tous les Roys du monde, Si charmant et si beau qu'entre tous ses sujets S'il s'en peut rencontrer qui soient assez bien faits Pour avoir de son air, je veux que l'on me tonde, Ce Roy donc que je dis, en qui seul tout abonde, Dont l'Esprit chaque jour fait acquests et conquests, Dont le Coeur est si grand, enfin dont les hauts faits Feront un grand fracas sur la terre et sur l'onde, Peuples ! c'est vostre Roy ; c'est un franc demy-Dieu ; C'est luy qui donnera la paix en temps et lieu. Ne nous venez donc plus prôner vostre misere ; Celebrez le feu Roy qui l'a sceu faire tel, Et baisez-en les mains à Madame sa Mere Qui, par ce beau chef-d'oeuvre, est digne d'un Autel.
Commentaires (2)
Lorsqu'il veut s'amuser, Scarron se fout du monde ; Le roi même, en ce cas, sera pris pour sujet, Comme nous pouvons voir aux madrigaux qu'il fait Ou à d'autres chansons (les exemples abondent). Le roi ne s'en fait pas, ne tonne ni ne gronde, Il est même flatté d'être mis en sonnet Par un subtil auteur, qui vraiment s'y connaît, Donnant à ses lecteurs jubilation profonde. Il sait qu'il n'est qu'un roi, ne se prend point pour Dieu, Qu'il lui faut du papier quand il se rend aux lieux, Que son corps est en proie à bien d'autres misères ; Un monarque, il le sait, n'est pas un immortel. Il a vu le cercueil où reposait son père Et les pleurs de sa mère approchant de l'autel.
c'est dommage que il n'y est pas la date de l'oeuvre car c'est ce que chercher pour un devoir
Connecte-toi pour laisser un commentaire.