Poème
Le rossignol et le prince
par Jean-Pierre Claris de FLORIAN
Un jeune prince, avec son gouverneur, Se promenait dans un bocage, Et s'ennuyait suivant l'usage ; C'est le profit de la grandeur. Un rossignol chantait sous le feuillage : Le prince l'apperçoit, et le trouve charmant ; Et, comme il était prince, il veut dans le moment L'attraper et le mettre en cage. Mais pour le prendre il fait du bruit, Et l'oiseau fuit. Pourquoi donc, dit alors son altesse en colère, Le plus aimable des oiseaux Se tient-il dans les bois, farouche et solitaire, Tandis que mon palais est rempli de moineaux ? C'est, lui dit le mentor, afin de vous instruire De ce qu'un jour vous devez éprouver : Les sots savent tous se produire ; Le mérite se cache, il faut l'aller trouver.
Commentaires (1)
Prince renonçant ----------------- Il ne veut plus séduire aucune belle ; Il ne veut plus des fastes de la Cour. Il reste seul en une vieille tour D'où l'on entend les cris des hirondelles. Il ne veut plus charmer les pastourelles Qui vont offrant leurs timides amours ; Il ne tient plus les savoureux discours Qu'ont entendus ses amantes fidèles. Il ne veut plus admirer la beauté Dont cette Cour vibrait de tous côtés ; Il n'aime plus cette splendeur qui brille. La solitude est une déité Qui maintiendra son coeur loin des cités ; Il n'ira plus aux tavernes gentilles.
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