Poème
Le Rose
Je connais tous les tons de la gamme du rose, Laque, pourpre, carmin, cinabre et vermillon. Je sais ton incarnat, aile du papillon, Et les teintes que prend la pudeur de la rose. À Grenade, des bords que le Xénil arrose J’ai, sur le Mulhacen lamé de blanc paillon, Vu la neige rosir sous le dernier rayon Que l’astre, en se couchant, comme un baiser y pose. J’ai vu l’aurore mettre un doux reflet pourpré Aux Vénus soulevant le voile qui leur pèse, Et surpris dans les bois la rougeur de la fraise. Mais le rose qui monte à votre front nacré Au moindre madrigal qu’on vous force d’entendre, De la fraîche palette est le ton le plus tendre. 1867
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Le seigneur du trou noir ------------------------------ Il n’en sort jamais rien, pas même un photon rose ; Mais, au coeur du trou noir, est un grand pavillon Où demeure un Seigneur, maître des tourbillons Et d’engloutissements qu’il chante en belle prose. Puits gravitationnel que la matière arrose, Toi qui peux moissonner sans creuser de sillons, Vainement Cupidon te lance un aiguillon, Au coeur de ce néant, lourdement il se pose. L’empereur de ces lieux, chaussé de charentaises, Inspecte le bilan de ses douze diocèses Dont chaque évêque fut par ses soins consacré. Tout cela n’est connu que par quelques légendes Sur cet endroit fermé, que, dit-on, ne transcende Pas un seul neutrino, pas un photon nacré.
Pavillon de plaisance ---------- Ombrages verdoyants, jardin fleuri de roses ; Ici, le vieux poète habite un pavillon. Le vent avec la feuille y danse en tourbillons, À l’intérieur, on lit des vers et de la prose. L’homme, qui ses repas modestement arrose, A cessé de tracer son timide sillon, Mais de la muse encore éprouve l’aiguillon ; Son cul, chaque matin, dans son bureau se pose. Il compose un sonnet, chaussé de charentaises, Grave comme un évêque inspectant son diocèse, En ce pavillon règne un silence absolu. Il écrit des propos, des fables, des légendes Mais de peu d’importance, et qui rien ne transcendent : Sur le froid, sur la nuit, sur les temps révolus.
Pose Comme il sait s’occuper de son bouton de rose, Le teint de sa patronne est presque vermillon. Au-dessus des amants, un fringant papillon, Volette dans l’air doux d’un soir d’été bleu-rose. L’employé, c’est celui, qui, le gazon, arrose, Parmi d’autres travaux, autour du pavillon. Jusqu’alors affairé à poser des paillons Le long de la clôture, il s’accorde une pose. Une de ses mains cours sur le satin pourpré De son décolleté ; un sein, elle soupèse, Tandis qu’avec sa langue, il caresse sa fraise. À mesure que vient, le dénouement sacré, Les soupirs de plaisir sont moins durs à entendre, Ils seront au summum quand sont corps va se tendre. https://misquette.wordpress.com/2019/11/06/pose/
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