Poème
Le roi de Thulé
par Gérard de NERVAL
Il était un roi de Thulé A qui son amante fidèle Légua, comme souvenir d'elle, Une coupe d'or ciselé. C'était un trésor plein de charmes Où son amour se conservait : A chaque fois qu'il y buvait Ses yeux se remplissaient de larmes. Voyant ses derniers jours venir, Il divisa son héritage, Mais il excepta du partage La coupe, son cher souvenir. Il fit à la table royale Asseoir les barons dans sa tour ; Debout et rangée alentour, Brillait sa noblesse loyale. Sous le balcon grondait la mer. Le vieux roi se lève en silence, Il boit, - frissonne, et sa main lance La coupe d'or au flot amer ! Il la vit tourner dans l'eau noire, La vague en s'ouvrant fit un pli, Le roi pencha son front pâli... Jamais on ne le vit plus boire.
Commentaires (1)
Ce poème n'est pas l'oeuvre de Nerval - il n'a fait que le traduire L'original a été crée par J.W. von Goethe en 1774 et fait partie de son recueil Faust Le titre original est "Der König von Thule"
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