Poème
Le rêve est la traîne de brocart qui tombe de tes épaules...
Extrait Le rêve est la traîne de brocart qui tombe de tes épaules le rêve est un arbre, un éclat fugitif, un bruit de voix -; un sentiment qui en toi commence et s'achève est rêve ; un animal qui te regarde dans les yeux est rêve ; un ange qui jouit de toi est rêve. Rêve est le mot qui d'une douce chute tombe dans ton sentiment comme un pétale qui s'accroche à ta chevelure : lumineux, confus et las -, lèves-tu seulement les mains : c'est encore le rêve qui vient, et il y vient comme tombe une balle -; tout, ou presque, rêve -, et toi, tu portes tout cela. Tu portes tout cela. Et avec quelle beauté tu le portes. Chargée de lui comme de ta chevelure. Et cela vient des profondeurs, cela vient des hauteurs jusqu'à toi et par ta Grâce... Là où tu es, rien n'a attendu en vain, nulle part autour de toi il n'est fait de tort aux choses et c'est comme si j'avais déjà vu que des animaux se baignent dans tes regards et boivent à ta claire présence. Mais ce que tu es : cela seul je l'ignore. Je sais seulement chanter ta louange : cercle de légende autour d'une âme, jardin autour d'une maison dans les fenêtres de laquelle je vis le ciel -. Ô tant de ciel, s'en allant, vu de si près ; ô tant de ciel sur tant d'horizon. Et quand c'est la nuit -: quelles grandes étoiles ne peuvent manquer de se refléter dans ces fenêtres...
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