Poème
Le rêve d'un curieux
Connais-tu, comme moi, la douleur savoureuse, Et de toi fais-tu dire : " Oh ! l'homme singulier ! " - J'allais mourir. C'était dans mon âme amoureuse, Désir mêlé d'horreur, un mal particulier ; Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse. Plus allait se vidant le fatal sablier, Plus ma torture était âpre et délicieuse ; Tout mon coeur s'arrachait au monde familier. J'étais comme l'enfant avide du spectacle, Haïssant le rideau comme on hait un obstacle... Enfin la vérité froide se révéla : J'étais mort sans surprise, et la terrible aurore M'enveloppait. - Eh quoi ! n'est-ce donc que cela ? La toile était levée et j'attendais encore.
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Le chevalier au lion --------------------------- Il aime partager les viandes savoureuses, Il aime aussi monter son cheval singulier ; Il ne perd point son temps en frasques amoureuses, Il sert les grands seigneurs et les particuliers, Parfois il ne fait rien, car son âme rêveuse Ne perçoit pas les grains tombant au sablier. Il suspend, pour un temps,sa course aventureuse Et se sent étranger au monde familier. On ne le voit jamais qui se donne en spectacle, Sauf si, en acrobate, il franchit un obstacle, Ou s’il trompe le Sphinx, qui en vain lui parla. Il peut, quand il le faut, marcher jusqu’à l’aurore, Après un tel effort, je vois qu’il chante encore Un couplet célébrant le grand Saint Nicolas.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2016/09/18/le-chevalier-au-lion/
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