Poème
Le Profil perdu
Stances sur une aquarelle de la princesse M*** Qu’elle me plaît, en son costume antique, Cette beauté, blanche sur un fond noir, Rêve d’amour qu’un pinceau poétique Cache à demi, pour mieux la faire voir ! On n’aperçoit de toute la figure Qu’un bras superbe et qu’un profil perdu ; Mais si charmant, si parfait, qu’on augure Bien des trésors dans ce sous-entendu ! Un lourd chignon baigne la nuque blonde, Flots d’or où luit un peigne en diamants ; Vénus ainsi dut, au sortir de l’onde, Tordre et nouer ses cheveux écumants. À l’art exquis s’ajoute le mystère, Le Sphinx coquet irrite le désir, Mais il dit tout en paraissant se taire; S’il se tournait, nous mourrions de plaisir ! 1865
Commentaires (2)
Rêvant d'une interprète en savoureux costume, Je la vois s'étourdir aux vapeurs de l'encens, Puis, dans l'obscur du temple à lents gestes dansant, Flotter dans l'infini comme vole une plume. * Le sens de l'univers dans mon esprit s'allume, J'entends battre le coeur de ce cosmos pensant, Je l'entends prononcer des mots évanescents Qui font sourire un peu les démons dans la brume. * Trois anges vont chanter, pour me faire plaisir, La touchante saga des ailes du désir, Gravant dans ma mémoire un air impérissable. * Serais-je devenu un pareil découvreur? Regardant de plus près, je perçois mon erreur : Quelquefois, le matin, ma cervelle est de sable.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/06/une-revelation-matinale/
Connecte-toi pour laisser un commentaire.