Poème
Le Nuage
Dans son jardin la sultane se baigne, Elle a quitté son dernier vêtement ; Et délivrés des morsures du peigne, Ses grands cheveux baisent son dos charmant. Par son vitrail le sultan la regarde, Et caressant sa barbe avec sa main, Il dit : « L’eunuque en sa tour fait la garde, Et nul, hors moi, ne la voit dans son bain. « — Moi, je la vois, lui répond, chose étrange ! Sur l’arc du ciel un nuage accoudé ; Je vois son sein vermeil comme l’orange Et son beau corps de perles inondé. » Ahmed devint blême comme la lune, Prit son kandjar au manche ciselé, Et poignarda sa favorite brune... Quant au nuage, il s’était envolé !
Commentaires (1)
Dans son jardin, quand se baigna Suzanne, Sont apparus deux vieillards tentateurs. Lui parlant comme à une courtisane, Ils ont tenté d'obtenir ses faveurs. Elle a dit non au geste qui profane Sans rémission l'oeuvre du Créateur ; Et, poussés par le démon qui ricane, Les deux vieillards se font accusateurs. Et la voici conduite par la foule ; Et peu s'en faut que son sang ne s'écoule Sur le parvis du lieu sacrificiel. Mais une voix s'élève alors, puissante, Qui fermement la déclare innocente : Et le démon se soumet à Daniel.
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