Poème
Le Musée de marine
par François COPPÉE
Au Louvre, je vais voir ces délicats modèles Qui montrent aux oisifs les richesses d’un port, Je connais l’armement des vaisseaux de haut-bord Et la voilure des avisos-hirondelles. J’aime cette flottille avec ses bagatelles, Le carré d’Océan qui lui sert de support, Ses petits canons noirs se montrant au sabord, Et ses mille haubans fins comme des dentelles Je suis un loup de mer et sais apprécier Le blindage de cuivre et les ancres d’acier : Car tous ces riens de bois, de ficelle et de liège M’ont souvent fait trouver les dimanches bien courts, Et, forçat de Paris dès longtemps pris au piége, C’est là que j’ai rêvé le voyage au long cours.
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Dame vêtue d’azur ----------------------- Sa robe fut coupée sur un fruste modèle Par un petit tailleur aux ruelles du port ; Le tissu de coton, qu’il cousit bord sur bord, Fut bleu comme le ciel où vont les hirondelles. Cette dame d’azur est loin des bagatelles : De la foi très antique elle est un contrefort, Elle peut rassurer un enfant qui s’endort ; Ça ne lui convient pas de s’orner de dentelles. Le Temps impitoyable avec son balancier, La Ville désolante aux cavernes d’acier : Elle a souvent raison de ces deux adversaires, Quant à nous, qui trouvons les dimanches bien courts, Nous savons qu’elle est là, même les autres jours, Surtout le huit septembre, à son annivesaire.
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