Poème
Le lézard
Méditations poétiques inédites
Sur les ruines de Rome. Un jour, seul dans le Colisée, Ruine de l’orgueil romain, Sur l’herbe de sang arrosée Je m’assis, Tacite à la main. Je lisais les crimes de Rome, Et l’empire à l’encan vendu, Et, pour élever un seul homme, L’univers si bas descendu. Je voyais la plèbe idolâtre, Saluant les triomphateurs, Baigner ses yeux sur le théâtre Dans le sang des gladiateurs. Sur la muraille qui l’incruste, Je recomposais lentement Les lettres du nom de l’Auguste Qui dédia le monument. J’en épelais le premier signe : Mais, déconcertant mes regards, Un lézard dormait sur la ligne Où brillait le nom des Césars. Seul héritier des sept collines, Seul habitant de ces débris, Il remplaçait sous ces ruines Le grand flot des peuples taris. Sorti des fentes des murailles, Il venait, de froid engourdi, Réchauffer ses vertes écailles Au contact du bronze attiédi. Consul, César, maître du monde, Pontife, Auguste, égal aux dieux, L’ombre de ce reptile immonde Éclipsait ta gloire à mes yeux ! La nature a son ironie Le livre échappa de ma main. Ô Tacite, tout ton génie Raille moins fort l’orgueil humain !
Commentaires (4)
Baron lézard d’azur --------------- Au milieu du jardin somnole un lézard bleu, De lumière et de paix son âme est assoiffée ; Il aime fréquenter la friche ébouriffée Où je le vois souvent, mais jamais quand il pleut. Je l’aime, moi aussi, ce jardin lumineux Où plus d’une tonnelle est de lierre étoffée ; La mésange y paraît, vive petite fée, Ainsi que le ramier, bien plus volumineux. L’esprit de ce lézard, tout le jour, s’illumine De la beauté des sols sur lesquels il chemine Ou se tient arrêté, serein contemplatif. Il ne demande pas que j’en fasse un poème, Mais, dommage pour lui, je n’ai pas d’autre thème ; Il me regarde écrire, il est dubitatif.
Ouroboros de novembre ------------ Je ne regrette point la splendeur de l’été, La fine pluie me semble un bienfaisant liquide ; La grisaille des jours a la couleur du vide Pour moi qui la préfère à de fortes clartés. L’automne est à mes yeux le temps de la beauté, Les feuillages sont roux, le monde est translucide ; Aux celliers s’élabore un breuvage limpide, Les ondins du marais nagent en liberté. Un bel oiseau picore une pomme arrondie, L’ours commence à gaver sa panse rebondie ; Le vent sur ton chemin rit de tes maux, passant. Un parfum de sous-bois chatouille mes narines, Le sang de la dryade échauffe sa poitrine ; Le ciel est assombri, mais n’est point menaçant.
Lézard vaillant -------- Ce lézard est un grand prophète, Il extermine les vautours ; Devant la foule stupéfaite, Il les avale tour à tour. Il n’a subi nulle défaite, Il n’a jamais fait de détour ; Il boit du cidre, il fait la fête, Il arbore ses beaux atours. C’est une bête de spectacle,, C’est un voyant, c’est un oracle, Jamais je n’ai vu son pareil. À la fin, le cidre l’enivre ; Ça l’endort et ça le délivre, Il fait sa sieste en plein soleil.
Deux trois gouttes ajouté le 16/03/2023 en cours de validation Clameurs ajouté le 16/03/2023 en cours de validation Elle a ajouté le 18/03/2023 en cours de validation Départ imminent ajouté le 02/04/2023 en cours de validation Deux trois gouttes ajouté le 25/05/2024 en cours de validation OUI JE CROIS QU'IL Y A UN GROS LEZARD OU PLUTÔT UN LOUP!!!
Connecte-toi pour laisser un commentaire.