Poème
Le fou
par Maurice ROLLINAT
Je rêve un pays rouge et suant le carnage, Hérissé d'arbres verts en forme d'éteignoir, Des calvaires autour, et dans le voisinage Un étang où pivote un horrible entonnoir. Farouche et raffolant des donjons moyen âge, J'irais m'ensevelir au fond d'un vieux manoir : Comme je humerais le mystère qui nage Entre de vastes murs tendus de velours noir ! Pour jardins, je voudrais deux ou trois cimetières Où je pourrais tout seul rôder des nuits entières ; Je m'y promènerais lugubre et triomphant, Escorté de lézards gros comme ceux du Tigre. - Oh ! fumer l'opium dans un crâne d'enfant, Les pieds nonchalamment appuyés sur un tigre !
Commentaires (1)
Humble maison -------------- Paisible en est le voisinage, Plus calme encore est ce manoir ; On dirait presque un béguinage, Les murs sont gris sous le ciel noir. De nul noble il n’est l’apanage, Mais de gens au modeste avoir ; Habillés de sobres lainages, Ils n’exercent aucun pouvoir. Cette maison n’est pas de pierre, Mais d’une plus vile matière ; Elle s’effrite, elle se fend. Des gens loin de ce quartier migrent, Dont ils ne furent point enfants ; Même, en partant, ils le dénigrent.
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