Poème
Le fou
La lune peignait ses cheveux avec un démêloir d'ébène qui argentait d'une pluie de vers luisants les collines, les prés et les bois. Scarbo, gnome dont les trésors foisonnent, vannait sur mon toit, au cri de la girouette, ducats et florins qui sautaient en cadence, les pièces fausses jonchant la rue. Comme ricana le fou qui vague, chaque nuit, par la cité déserte, un oeil à la lune et l'autre - crevé ! - "Foin de la lune ! grommela-t-il, ramassant les jetons du diable, j'achèterai le pilori pour m'y chauffer au soleil !" Mais c'était toujours la lune, la lune qui se couchait. - Et Scarbo monnoyait sourdement dans ma cave ducats et florins à coups de balancier. Tandis que, les deux cornes en avant, un limaçon qu'avait égaré la nuit, cherchait sa route sur mes vitraux lumineux.
Commentaires (2)
La lune en haut du ciel peigne sa chevelure : L’espace est inondé de cent reflets d’argent. Le gnome sur le toit vanne l’or trébuchant Et la fausse monnaie tombe comme épluchures. « Foin de la lune » a dit le fou dans un murmure, Puis il a récolté les jetons affligeants (On est moins délicat lorsqu’on est indigent), Espérant acquérir remède à la froidure. La lune en se couchant évoque un froid soleil ; Le gnome trie l’argent dans un demi-sommeil, Sa balance de cuivre aux bougies s’illumine. L’on peut même observer, sur un vitrail qui luit, Un être vagabond égaré par la nuit : Au coeur du labyrinthe, un escargot chemine.
[...] de choses ! Ce qu’il trouve bizarre et ce qu’il trouve beau ; Le jardin et la croix, la nuit et le flambeau, Les hommes, l’univers, les effets et les [...]
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