Poème
Le dormeur
Laissez-moi dormir, encore... C'est la trêve pendant de longs combats promise au dormeur ; je guette dans mon coeur la lune qui se lève, bientôt il ne fera plus si sombre dans mon coeur. Ô mort provisoire, douceur qui nous achève, mesure de mes cimes, très juste profondeur, limbes de tout mon sang, et innocence des sèves, dans toi, à sa racine, ma peur même n'est pas peur. Mon doux seigneur Sommeil, ne faites pas que je rêve, et mêlez en moi mes ris avec mes pleurs ; laissez-moi diffus, pour que l'interne Ève ne sorte de mon flanc en son hostile ardeur.
Commentaires (1)
Que nul ne soit contraint à combattre sans trêve, Maint travail se prépare au souffle du dormeur ; Et s'il ne perçoit pas ce qui, en lui, se lève, Au moment opportun il l'aura dans son coeur. * * * Laissez-le s'incliner dans son temps qui s'achève, Laissez-le découvrir une autre profondeur. Puisqu'il n'a plus en lui de de la froide sève, Épargnez-lui l'effort, épargnez-lui la peur. * * * Peut-être cette vie n'est-elle aussi qu'un rêve Et que de faux objets alimentent nos pleurs. Peut-être, ni Adam, ni le serpent, ni Ève N'ont encore animé l'Eden de leurs ardeurs.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.